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Veaux & Génisses

Assainir ma nurserie pour des veaux en bonne santé !

par Dr Vincent CHAUMARD

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Les agents infectieux qui causent les maladies des veaux sont présents dans leur environnement, et notamment dans les locaux d’élevage. Quand des veaux sont malades, ils multiplient ces agents pathogènes, qui s’accumulent dans la nurserie. Le risque pour que les veaux suivants tombent s’infectent est alors augmenté. On remarque souvent qu’après de nombreux vêlages, les derniers veaux nés tombent plus facilement malades. Une nurserie saine va donc limiter les risques.

Pourquoi et quand assainir ma nurserie ? 

 

La nurserie doit être régulièrement assainie. L’intérêt est de faire descendre la pression infectieuse pour éviter que les veaux suivants se contaminent immédiatement et que les troubles sanitaires perdurent. 

En routine, il est intéressant de faire un vide sanitaire une fois par an dans chaque lieu d’élevage. Dans certains cas et si l’infrastructure le permet, il est possible d’en faire deux par an. Par exemple dans certaines nurseries, les veaux présentent peu de troubles infectieux après un vide sanitaire, mais au bout de quelques mois, les diarrhées ou les troubles respiratoires reviennent. Dans ce cas-là, il peut être pertinent de faire deux vides sanitaires dans l’année. 

De façon plus ponctuelle, lorsqu’il y a eu un épisode de maladie contagieuse dans un groupe d’animaux avec une forte prévalence, un vide sanitaire est recommandé pour repartir sur de bonnes bases. 

Les 4 étapes pour que la nurserie soit propre : curage, nettoyage, décapage, désinfection. 

 

ETAPE 1 : LE CURAGE :  

Commencer par enlever la litière pour éliminer le maximum de matières organiques dans lesquelles se trouvent d’éventuels agents pathogènes. Il faut être très méticuleux pour pouvoir optimiser les étapes suivantes. 

 

 

ETAPE 2 : LE NETTOYAGE : 

Le passage du balai puis du jet d’eau permet de retirer les plus petites matières organiques qui n’ont pas pu être enlevées avant. Le jet d’eau permet également de pré-humidifier les surfaces et notamment les traces de bouses qui ont pu sécher sur les barrières ou les parois. Cela facilite l’étape suivante. 

ETAPE 3 : LE DECAPAGE :  

C’est la phase ultime permettant de rendre les surfaces propres et exemptes de toute matière organique. Il se fait avec un nettoyeur haute pression. Le décapage comme toutes les autres étapes doit être méticuleux, d’autant plus quand il s’agit de surfaces irrégulières ou poreuses (vieux murs ou parpaings par exemple). Pour faciliter le décapage de ces surfaces irrégulières, il est recommandé de les recouvrir d’un enduit lisse ou d’un matériau lisse (plaques par exemple, mais ne pas utiliser de bois). 

Avec un dispositif adapté, il est possible de faire le décapage à l’eau bouillante. Cela permet de faire le décapage et la désinfection en une seule étape. Cependant, il faut que l’eau soit vraiment bouillante. Une température d’eau en sortie de surpresseur à 80°C est insuffisante. Il faut être à 100°C. 

 

ETAPE 4 : LA DESINFECTION :  

Différents types de désinfectants existent, et tous n’ont pas le même spectre. Ainsi, il est important de bien choisir son désinfectant, en fonction des agents pathogènes sur lesquels on veut agir. Ensuite, il faut respecter les conditions d’utilisation du désinfectant choisi : dilution, dosage, temps d’action, quantité à préparer selon la surface à traiter, précautions d’emploi, etc… Bien lire la notice avant utilisation, car chaque produit a ses propres spécificités. 

La désinfection des sols en terre battue est difficile. La soude caustique en paillette et la chaux vive sont les deux seuls désinfectants, qui donnent des résultats utiles sur ce support, mais uniquement en surface, d’où la nécessité de curer et de bien racler avant. Attention à respecter les précautions d’emploi ! 

Il n’y a plus qu’à laisser la nurserie vide, vraiment vide ! 

 

Une fois les locaux propres et désinfectés, on peut commencer le vide sanitaire. De façon optimale, il doit durer au moins 2 à 3 semaines. 

Par définition, le local doit être entièrement vide : pas de présence de bovins ou d’autres animaux (chiens, chats…), pas de passage d’éleveurs ou d’autres intervenants de l’élevage, pas de stockage de matériel ou d’aliment. Il convient donc de bloquer l’accès à la zone en vide sanitaire : fermer les portes ou barrières et mettre un panneau d’information. 

Dans un bâtiment comportant plusieurs cases (par exemple, bâtiment des taurillons ou des génisses), pour que le vide soit vraiment effectif, il faudrait que toutes les cases soient vides. 

 

Comment faire avec les niches à veaux ? 

 

Que ce soit pour les niches à veaux individuelles ou collectives, les étapes précédentes s’appliquent de la même façon, depuis le curage jusqu’à la désinfection. En plus de la niche proprement dite, il faut également penser à nettoyer/désinfecter les barrières de la courette. Ensuite mettre la ou les niches désinfectées à l’écart, dans un endroit propre et sec, et ne pas les réutiliser avant 2 à 3 semaines minimum. Si les niches sont habituellement disposées sur une aire bétonnée, il convient de nettoyer/désinfecter cette surface également et de bloquer son accès pendant 2 à 3 semaines pour qu’elle reste vide. 

Si tout se passe bien, on ne change rien ! 

 

Le principe du vide sanitaire au sens large est de remettre à zéro le microbisme du lieu concerné. Suite au vide sanitaire, de nouveaux agents vont coloniser le milieu. Ils peuvent être aussi bien pathogènes qu’inoffensifs. 

Ainsi dans un contexte d’élevage où les maladies infectieuses sont rares (par exemple : pas de diarrhées ni de troubles respiratoires dans une nurserie), et qu’un vide sanitaire n’est jamais pratiqué, il n’est pas forcément intéressant de le mettre en place en routine. En effet, dans le système, il y a un microbisme non pathogène qui a pris la place et l’éliminer pourrait ouvrir la porte à des agents pathogènes. Ou alors, on ne réalisera que les étapes depuis le curage jusqu’au décapage, en omettant la phase de désinfection, pour ne pas éliminer le microbisme positif présent. 

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