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Réchauffement climatique

Comment contribuer à l’objectif 4 ‰ ?

par Nadège VIEL

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L’objectif 4 pour 1000, vous vous en souvenez ? Stocker 4 ‰ de carbone dans les sols. Ce but a été fixé lors de la conférence des parties sur le changement climatique à Paris, en 2015. L’ambition est de stopper l’augmentation annuelle du carbone atmosphérique (ce qui ne nous dispense pas de réduire nos émissions de gaz à effet de serre en parallèle…)

Pour la France, cet objectif est-il réellement atteignable ? L’INRA s’est posé la question et a évalué le stockage additionnel de carbone dans les sols pour différentes pratiques, par rapport à l’évolution du stock si on ne changeait rien.

Quelle est la situation en France ?

En France, le principal puits de carbone est la forêt. Les prairies temporaires et les grandes cultures, de par l’importance de leurs surfaces, sont les deuxièmes contributeurs, avec une tendance à la baisse. Dans nos systèmes actuels, l’évolution des stocks de carbone dans les sols est estimée à +2,3 ‰ par an (ce résultat est très sensible aux hypothèses de calculs prises : il varie de -0,2 ‰ à +3,2 ‰ par an). Cela signifie que globalement, le stock de carbone dans nos sols est stable, voire en légère augmentation. Cependant, certaines pratiques contribuent à dégrader ce stockage, notamment les changements d’usage des sols comme l’artificialisation et le retournement des prairies.

Quels leviers possibles pour augmenter le stockage dans nos sols ?

Afin d’atteindre l’objectif 4 pour 1000, plusieurs pistes d’actions sont possibles.

Pour maintenir le stock de carbone dans les prairies permanentes et les forêts il faut :

  • Stopper l’artificialisation des sols,
  • Maintenir les prairies permanentes,
  • Maintenir les forêts et les pratiques permettant d’entretenir le stock de carbone y afférent

Pour augmenter le stockage dans les prairies permanentes deux leviers sont possibles :

  • Intensifier modérément par l’apport de fertilisant
  • Substituer la fauche par du pâturage afin de favoriser le retour au sol des déjections et des résidus.

Cela représente 12 % du stockage additionnel potentiel de la France.

 

Les surfaces en grandes cultures ont le plus faible stock de carbone et ont par conséquent le plus fort potentiel de stockage additionnel (86 % du stockage additionnel potentiel de la France). Cinq pratiques ont été recensées pour augmenter le stockage de carbone dans ces sols :

  • Implanter des couverts intercalaires et intermédiaires sur tout le territoire (35 % du potentiel additionnel total),
  • Introduire et allonger les prairies temporaires dans les rotations culturales (13 % du potentiel additionnel total),
  • Développer l’agroforesterie (19 % du potentiel additionnel total),
  • Apporter des composts ou des produits résiduaires organiques,
  • Planter des haies.

 

Quand on parle de pratiques agricoles et de stockage de carbone, la question du semis direct est souvent posée. L’INRA a démontré  que cette technique n’a globalement pas d’impact : elle permet d’augmenter le stock de carbone dans les horizons supérieurs mais n’a pas d’effet significatif sur la totalité du profil du sol.

Adopter des bonnes pratiques adaptées à votre région

L’efficacité et le coût des pratiques varient d’une région à une autre. Il n’y a pas de solution miracle mais un mélange de bonnes pratiques à adapter à chaque région. Pour atteindre l’objectif 4 ‰, deux axes prioritaires sont à exploiter : maintenir le stock de carbone dans les prairies et les forêts et augmenter le stockage de carbone en grandes cultures.

 

Le stockage additionnel pourrait donc atteindre au maximum + 1,9 ‰ sur l’ensemble du territoire. La mise en place de ces leviers devrait permettre de répondre à l’objectif des 4 ‰. Pour aller au-delà, de nouvelles recherches seront indispensables.

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