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Le pâturage pour faire passer le robot de traite au vert

par Stanislas DESVOIS

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Robot de traite et pâturage ne forment pas le couple le plus facile à marier. L’arrivée d’un robot marque souvent un coup d’accélérateur sur l’intensification du système. Cette intensification se fait dans de nombreux cas au détriment du pâturage. Et pourtant, l’impact positif du pâturage sur le coût alimentaire n’est plus à démontrer. Du coté sanitaire, le pâturage ne manque pas d’intérêt sur la locomotion et sur la santé des pattes des animaux.

Le niveau de saturation de la stalle représente souvent le plus grand frein pour pâturer. Avec 700 000L à produire sur une stalle, il devient rare de valoriser plus de 10 ares par vache sans trop pénaliser les performances du troupeau. L’intérêt est alors de soulager la santé des aplombs plus que de maîtriser le coût alimentaire. Faites toutefois attention aux parcelles « parking » qui dégrade très rapidement l’état de vos prairies.

Au-delà de 40-45 ares par vache, produire plus de 450 000L se complique. Le temps d’éloignement des vaches au robot se rallonge. Cela nécessite souvent d’aller chercher des vaches en pâture et d’accepter une baisse de performances à l’approche de l’été.

Le premier facteur clé c’est votre volonté à faire pâturer !

Les facteurs clefs d’un pâturage efficace résident dans quelques points. Le premier est la volonté de l’éleveur à valoriser des surfaces de pâturage. Cela nécessite alors d’aménager des accès et des chemins de déplacement confortables pour les animaux. Pour sortir 100 vaches toutes ensemble, prévoyez une largeur suffisante, entre 3 - 3,5 m et 5 m de large. Il faut aussi offrir une herbe fraîche et de qualité tous les jours pour inciter les animaux à pâturer. La distribution de la ration à l’auge le soir aide les vaches à pâturer le jour : elles doivent sortir la panse vide. La rénovation de prairies améliore aussi l’appétence des pâtures. Dans le cas où l’on ne gère pas une parcelle par jour, la conduite au fil avant déplacé tous les jours participe à l’offre de qualité.

La présence d’eau de boisson dans les parcelles ne freine pas particulièrement le retour des animaux vers le robot. Si les surfaces pâturées augmentent, au-delà de 20 ares par vache, la consommation d’eau est limitée et la production est impactée à la baisse. En revanche, au-delà de 400 m entre le fond d’une parcelle et la stabulation, la présence d’eau en parcelle est indispensable.

La conduite en lots pour le pâturage montre de bons résultats !

La conduite du troupeau en lots montre de bons résultats. Vous pouvez sortir le matin les animaux traits la nuit et sortir l’après-midi les animaux traits le matin. Ceci permet de « limiter » les instincts grégaires. Ainsi, les phénomènes de bouchons au robot sont étalés. Cela permet d’aller valoriser des surfaces de pâturages coupées par une route par exemple.

 

En conclusion, si vous êtes équipé d’un robot de traite, ou si vous êtes en réflexion pour vous équiper, et si vous souhaitez faire pâturer vos vaches laitières… c’est possible. Bien entendu chaque cas doit s’étudier plus précisément selon le parcellaire, l’aménagement des accès, la saturation du robot, vos objectifs techniques et économiques… mais de nombreux éleveurs en traite robotisée valorisent le pâturage. Alors pourquoi pas vous ?

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